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the end
La grande pomme ne dort jamais. Alors que tous pensaient que le calme reviendrait sur la ville et que les gens se préparent au festival à venir, c'est une série vols qui font progressivement la une des journaux locaux. Nul n'a encore réussi a appréhender les auteurs de ces délits ou définir leurs cibles de prédilection. Faites bien attention à vous.
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(#) Dim 13 Déc - 17:36:52
❝ noyer sous les vagues à l'âme. ❞
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La Grosse Pomme ne semble pas clémente vis-à-vis de ses habitants : le froid, la neige parfois mêlée à la pluie ; et les nuits plus longues qu’à leurs habitudes. Comme si, finalement, on avait trouvé la clé pour ouvrir les ténèbres, l’espace d’un instant ; un long moment. Tu marches à travers la ville, boitant : quelques côtes fêlées, des ouvertures sur le visage (l’arcade, la lèvre, les pommettes violettes) ; et te voilà avec une constellation de couleurs sur le corps. Du bleu, du violet, du jaune. Carmin au centre. Tu titubes, comme après avoir trop bu : t’es parfois même obligé de t’appuyer quelques instants sur les murs. Capuche sur la tête, il est à peine 17 heures et le jour semble déjà partir. Sous ton pull, le bloc de la brune, accompagné de son stylo : elle l’avait laissé derrière elle, la dernière fois que tu l’as vu. Alors tu l’as récupéré en partant, des heures plus tard. Et tu l’avais gardé sur toi, le temps de. Quelques jours sont passés depuis cette rencontre : le temps pour toi d’être intronisé aux FO, de pouvoir te remettre sur pied. Et Ava t’a manqué, tout ce temps, allongé dans une pièce qui, autrefois abritait vos plaisirs charnels. Tu l’as mis en vente : ce loft, aux allures de bourgeois. Parce que les souvenirs sont trop présents, les instants trop douloureux. Tu sais qu’elle ne t’en voudra pas : peut-être qu’elle aura un peu de mal à comprendre ton entrée dans ce gang en revanche. Nous, ça nous plait : parce que ça nous donne une raison d’être un peu plus présent à l’intérieur. D’te laisser déborder un peu, par cette folie qui te caractérise. Alors on t’a laissé faire. On a bien regardé, comment ils t’ont défoncé avec plaisir. Et c’est à ce moment-là qu’on a su : qu’tu allais juste bien t’entendre avec tout l’monde. Tu passes le portail du cimetière, prends le temps de t’assoir sur une tombe, le souffle court. Tu grimaces. T’es moche. Tout est douloureux : l’intérieur, l’extérieur. Tes côtes, ton ventre, tes jambes, ta tête. Si bien que le silence que tu observes autour de toi apaise ce trop plein d’émotions. Tu te relèves, boiteux toujours, une main en travers de ton torse. Jusqu’à la tombe de marbre. Tu t’écroules dessus. Allongé, le nom de la bien-aimée dans ton dos. Tu laisses tes bras balans, de chaque côté de la sépulture. « Bonjour mon amour. » Que tu murmures, les yeux qui se ferment.

Et le temps qui glisse est un salaud : de nos chagrins il s’en fait des manteaux.
(c) TORTIPOUSS.


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(#) Dim 13 Déc - 19:51:59
❝ noyer sous les vagues à l'âme. ❞
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Les phalanges humides glissaient sur la constellation bleutée. Vega, elle était abîmée. Bien au-delà des mutilations volontaires, jonchant les lignes bleutées de ses poignets. Un bleu, d’une violence inouïe égayait son teint basané, le long de sa mâchoire. Elle avait essayé, Vega, de se défendre, en empêchant cette femme de lui voler son sac. En vain. La brune s’était pris un violent coup, la faisant chavirer. Étourdie durant de longues secondes, avant d’assister à la fuite de la femme, les mains vides. S’ensuivit quelques jours sans sortie, ni même pour voir ses amours. Refusant qu’ils voient sa frimousse abîmée, trop occupée à simplement... Rafistoler ? Recoudre ? Arranger ? L’absence de beauté. Aucune confiance envers elle-même, violente et agressive, à se dénigrer sans jamais se lasser. Se blesser en compassion, mais le cœur hurlait, les prunelles criaient, ce que les cordes vocales ne pouvaient pas exprimer. Brisée, heurtée, l’impression d’être défigurée et de revoir les bleus égayant sa peau, peu après l’accident. Sentir son corps éjecté hors du véhicule, sous l’impulsion du choc et voir ses amours périr. Sous ses yeux, la peau brûlée, calcinée, sur le bitume. Et les larmes coulaient à nouveau, alors que le corps s’enfonçait dans le bain chaud. Chaque battement de cils était un enfer, un bon dans le temps pour la poupée décousue. Un coup de poignard dans le palpitant, déjà à vif, suintant de douleur. Finalement, la relaxation ne durait pas et Vega, elle s’échappait de l’étendue tiède, s’habillait, de ses vêtements bien trop larges, cachant ses galbes, lui donnant une silhouette presque difforme tant c’en était trop. De tissus, d’épaisseurs. La tête brune couverte d’un bonnet noir et le fantôme se perdait dans les ruelles, la frimousse baissée sur ses pas légers, vaporeux, prenant sans arrêt le même trajet. Une trajectoire connue sur le bout des doigts, ne déviant jamais de cette voie. Chemin identique depuis une année, bien trop longue. Les mêmes pas, les mêmes feux, les mêmes virages. Pas grand-chose ne changeait : la végétation mourrait et revivait, sous son expression abattue. Pas besoin de s’attarder pour comprendre qu’elle transportait un grand malheur, Vega. Un poids trop lourd pour ses pauvres épaules. Une famille décimée et les deux repères écrasés. Plus personne à ses côtés, pas même des amitiés. Vega, éternelle solitaire, oubliée, dans les bas-fonds d’une vie. Et ses phalanges poussaient lourdement la grille, suivant les empreintes des semelles connues sur le reste de neige. Le trouvant, allongé sur la tombe, comme endormi, Stormy. Prunelles closes et le minois aussi abîmé. Un bref rictus, alors qu’elle s’installait, silencieuse, respirant à peine en balayant les prénoms et dates de ses mains gantées. Le cœur lourd, la gueule marquée, les veines mutilées apparentes sous la manche remontée négligemment.
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(#) Mar 15 Déc - 23:14:00
❝ noyer sous les vagues à l'âme. ❞
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Le silence d’un hiver trop présent. Et bizarrement, tu te sens bien : à ce moment précis, tu te sens entier. A ta place. Même avec ta gueule cassée, ton ventre encore douloureux de cette marque au fer rouge, les côtes toujours cassées de trop s’être fait tabasser. Tu n’voudrais être nulle part ailleurs : devenue ta deuxième maison, ce cimetière t’apaisait. Et t’avais manqué plus que de raison ces derniers temps. Mais il fallait se rendre à l’évidence : tu n’aurais jamais pu venir plus tôt. Les yeux fermés, le vent sur ton visage : un léger sourire qui étire tes pulpes et te voilà à communiquer avec l’au-delà.

Je sais, j’ai une sale gueule. Et je t’entends gueuler d’ici … Enfin non, je te vois me fusiller du regard en me demandant qui, quand, pourquoi. Et moi, qui te souris maladroitement. Je ne sais pas tellement ce que tu aurais pensé de tout ça : de ce gang, de moi, de cette existence un peu bancal depuis que t’es partie. Mais j’ai juste eu besoin de m’accrocher à quelque chose d’un peu vrai, d’un peu grand. Tu comprends ? Non, je t’entends me dire non, je te vois me dire non. Mais c’est fait maintenant, pas vrai ? Ca ne m’empêchera pas d’être avec toi, tu sais. Au contraire. J’ai envie de faire les choses biens. D’essayer de faire quelque chose de bien. Et si je peux décharger ce trop plein de violences à bon escient … Fais-moi confiance. Tu me fais confiance non ? Je préfère quand tu me souris.

La neige s’enfonce non loin de ta conversation silencieuse. Et ça te fais ouvrir un œil. Voilà une brune connue qui s’approche. Elle sourit en te voyant, puis se tourne vers les sépultures des âmes perdues. Retire les quelques flocons. Et tu les remarques : les traces de la mort sur le poignet. Le besoin d’se faire mal, de s’punir un peu plus d’être en vie. Et ces questions éternelles qui viennent et reviennent sans cesse, à chaque secondes : pourquoi eux et pas nous ? Qu’est-ce qu’on a de plus ? Tu fronces les sourcils et te redresse en lâchant un râle de douleur. Le temps de faire en sorte que la terre ne tourne plus vite que la tête, et le regard se pose sur la brune. Le contact d’un regard. Et une main qui se lève vers ton menton : bonjour en langue des signes. T’en as facilement déduis qu’elle ne parlait pas, la demoiselle. Alors t’as cherché un peu. Un moyen pour communiquer. Tu sors le bloc et le stylo de ta veste et tu lui tends. Un haussement d’épaule qui suit le geste.
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(#) Mer 16 Déc - 11:29:05
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Le spleen était un peu plus réel lors de ces journées courtes d’hiver et pourtant interminables aux yeux de la fleur. Tout était rendu trop long, trop douloureux, vain. Comme si les minutes ne valaient pas la peine d’être vécue. Quant aux heures, elles tuaient, à petit feu. Un ongle rongé, jusqu’à saigner. Une arme blanche enfoncée dans le cœur, jusqu’à perforer l’autre côté. Et un retour impossible, ce goût éternel de mort au bout des lippes. L’envie d’un voyage sans en revenir, se perdre, s’égarer, jusqu’à n’être qu’un tas de cendres et de braises, qui s’envoleraient avec la première brise. Ne plus vivre, tout bonnement. Vega, elle se torturait, constamment, s’en voulant de vivre et respirer quand des émanations plus précieuses et importantes ne le faisaient plus. Pourquoi elle et pas eux ? Comment vivre avec tant d’images désastreuses en tête ? C’en devenait étouffant, anxiogène, le palpitant crevait à petit feu, sous les regards célestes des âmes adorées. Toujours les mêmes pensées et la solitude des matins, des soirs, dans son lit, à table, à penser à ce que serait sa vie s’ils étaient toujours là. Ce n’était qu’en passant les portes de ce cimetière, qu’elle se sentait un peu mieux, Vega. L’impression de pouvoir se connecter à eux, de pouvoir faire qu’un avec les disparus. Puis retrouver Stormy, une compagnie réelle, loin d’être fantomatique. Lui, allongé sur la tombe de son amour envolé et elle, nettoyant la tombe en déposant sa paume tremblante sur le froid de la pierre. Un bonjour éternellement silencieux et la croupe qui s’écrasait sur le bord, rivant les prunelles azurées de Stormy des siennes, laissant un sourire étirer ses lèvres. Un « bonjour » rendu à l’aide des mains, puis un « tu as une sale gueule », qui la faisait rire face à l’incompréhension. Silencieusement, sans aucun son, même si les prunelles demeuraient larmoyantes. Vega, elle collait ses paumes en coupelle pour attraper le carnet et le stylo, touchée qu’il ait gardé le tout. Le kit de survie. Un « merci » glissé de ses mains tremblantes, les doigts glissant sur sa mâchoire marquée, jusqu’à ses cheveux, virevoltants. L’air sauvage, Vega. Épuisée. Les doigts finissaient par attraper le feutre et noter un mot sur le papier froissé, un « je dois acheter un nouveau carnet, tu veux venir ? » Parce qu’elle ne supporterait plus de rester ici, aujourd’hui, alors qu’elle portait des marques décevantes, qui feraient mal à ses amours. Une main tendue, pour s’évader de ce royaume de cendres.
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(#) Sam 19 Déc - 1:51:21
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Allongé, sur une tombe qui n’était pas la tienne, mais avoir pourtant cette impression que tu devrais y être. Se demander parfois, si tu ne pourrais pas l’ouvrir, et te nicher au creux de ses bras. Juste un instant. Le moment de tirer sa révérence à une vie qui, malgré tous les efforts faits, ne représentent même pas une infime partie du paradis découvert aux creux de ses yeux, de ses bleus. Un besoin de revoir son visage, quelques secondes. Ses yeux, sur toi, bénissant ton existence. Berçant vos carcasses. Et ses courbes divines. Une seconde de plus ? Encore un peu moins. Et finalement, le fantôme débarque : la brune, tachetée de milliers de constellations sur son visage, te regarde. Et tu lui dis bonjour, avec les mains. Et sa réponse te fait froncer les sourcils : ce n’est pas vraiment ton genre d’être intrigué, de vouloir savoir d’avantage. Mais avec elle, tu voudrais probablement faire beaucoup plus : ne serait-ce que pour oublier les traces sur ses poignées, et votre ressenti d’être de trop. Pour toi, tu t’sens déjà trop lourd : alors une si petite carcasse ? Tu te redresses, lui tend son bloc et son stylo. T’as reconnu le merci, envoyer par des gestes. Ce à quoi tu as simplement répondu un hochement de tête, par respect pour les amours disparus. Comme si, vivre, demeurait un pêché dans cet endroit. Et pourtant, tu voudrais n’être nul par ailleurs. Tu laisses tes doigts danser sur la sépulture, les quelques mots gravés dans du marbre que tu aurais aimé ne jamais acheter. Ne jamais enterrer. Un amour, votre amour. Une existence, la sienne. Et elle griffonne, la brunâtre, avant de te faire lire sa phrase. Les yeux se plissent, lisent, et le corps se balance légèrement. Partager entre différentes émotions : ne pas vouloir qu’elle se sente abandonnée. La peur de ne pas tenir debout, d’être trop vulnérable. Et puis … Tu baisses la tête, le cœur lourd, l’esprit embrumé. Et finalement, quelques secondes de silence. Peut-être des minutes. Pour poser les pieds à terre. « On revient après ? » Pour se rassurer. Rassurer les moitiés perdues, et soi-même : se dire que, finalement, on ne vit pas tellement. On survit. Et ne pas culpabiliser de les laisser-là.
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(#) Sam 19 Déc - 15:55:06
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S’en aller, quelques minutes, quelques heures, parcourir la ville de ses prunelles brunes, en espérant que ses amours ne lui en veuillent pas. Qu’ils ne se mettent pas à la haïr que d’avoir voulu vivre, un instant, le temps de quelques courses, au bras d’un étranger. Un inconnu auquel elle parlait, à l’aide de ce feutre et ce carnet rendu, mais rendus inutilisables à cause de l’humidité absorbée. Vega, elle affichait à peine un sourire, en joignant ses paumes ensemble, hochant le visage pour lui répondre que oui, ils reviendraient. Qu’ils ne laisseraient personne ici, sur le banc des échecs, sur la touche. Essayant de se convaincre qu’aucun des trois ne les immolerait pour avoir eu la décence de s’en aller, à deux. Alors, la brune se levait, tendant sa paume à Stormy, parce qu’elle voyait bien dans quel état, il était. Sûrement un combat de rue, cogner pour se soulager et Vega, elle ne pouvait que comprendre. Ce qu’il cherchait dans les luttes illégales, elle le cherchait dans les lames triturant sa chair, s’enfonçant jusqu’à perdre une certaine quantité de cruor. Patauger dedans et renaître, puis remourir. L’inverse, peut-être. L’esprit éternellement confus et embrouillé lorsqu’elle se punissait d’être en vie, alors que sa tête brune ne le méritait pas. Le bras tendu pour qu’il se tienne à elle pour avancer, elle lui offrait son soutien, la brune aux galbes camouflés, à la confiance enfouie six pieds sous terre. Voilà qu’ils quittaient le cimetière, les émanations amochées et Vega, baissait le visage pour cacher le bleu sur sa mâchoire. Cachant la marque, pour éviter que l’on pose un regard sur elle. Parce que les rumeurs fusaient rapidement et qu’elle ne voulait pas prendre le risque qu’on la prenne pour une femme battue. Son cœur serrait, un peu trop, dans sa poitrine, à l’idée de s’en aller du cimetière, avec quelqu’un d’autre que sa solitude. Vega, le palpitant gorgé de regrets et ses pas calqués à ceux de Stormy, qu’elle se mettait à regarder, toujours aussi silencieuse. Même sa respiration semblait l’être. Jusqu’à ce magasin, où elle s’aventurait dans les rayons, attrapant le carnet le moins cher. Dans le geste, Vega, elle bousculait un duo d’étudiants, qui se retournaient sur elle. Elle les ignorait, à la recherche du dernier élément de ses courses. L’un s’approchait : « C’est trop demandé de t’excuser ? » La voix scindait le ciel en deux. « T’as perdu ta langue ? Tu parles pas ? » Qu’il insistait en la poussant à son tour, contre le comptoir proche, tapant violemment ses coudes sur les rebords de bois irréguliers. L’humiliation à son apogée, l’idée que ce n’était définitivement pas sa journée, aujourd’hui. Dépitée. Priant qu'ils mettent fin à sa souffrance.
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(#) Dim 20 Déc - 0:17:39
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Et finalement, tu te sens un peu plus léger quand sa tête agit positivement : alors ce n’est pas un au revoir que tu dois lui faire. Juste un à tout à l’heure. Comme lorsque tu es amené à partir pour une mission des FO, ou pour aller voir Bella, ou pour aller voir James. Rien ne change vraiment, que tu essaies de te convaincre : mais tu le sais. Tu la sens : cette boule au creux de ton ventre, au creux de ta gorge à l’idée de partir avec une femme. Même sans ambiguïté, il y a toujours cette appréhension, cette peur de la décevoir, de la tuer une deuxième fois : et se demander si, finalement, c’est une bonne idée. Mais la main tendue t’aide finalement. Alors tu te relèves, sans son aide. Mais tu lui tends ton bras, à la brune : parce qu’elle est aussi boiteuse que toi, sauf que ça ne se voit pas, elle. A part si elle se décide à relever ses manches. Et vous voilà en route, bras dessus-dessous, à traverser Manhattan pour trouver un moyen de communication. Le silence entre vous : toi, dans tes pensées, à éternellement te demander si c’est une bonne idée, si tu as le droit de vivre ces instants, alors qu’elle est morte. Et qu’elle ne peut plus les passer avec toi. Et se culpabiliser d’être en vie, de ne pas être arrivé à temps, de l’avoir vu étendue dans cette piteuse chambre d’hôtel. Se rappeler les yeux dans le vide, le sang, les supplications, les cris ; et la lettre, ultime preuve d’amour. Ta respiration se coupe Stormy, fais attention. Alors l’automatisme revient alors que vous entrez dans un magasin. Elle lâche ton bras pour se précipiter dans les rayons. Et tu la suis, de loin. Juste pour être sûr que tout ira bien. T’accrochant aux têtes de gondole, la respiration douloureuse, une main sur ton ventre. Et finalement, cette scène. Là, devant tes yeux. Faisant gronder l’envie de violence, l’envie de sang. Vouloir juste les tuer, une balle entre les deux yeux, les deux. Mais … Cette foule autour, qui semble voir sans regarder, sans réagir : l’injustice te prend aux tripes. Alors tu t’approches et tu bouscules les deux étudiants. « J’vous conseille de vous excuser et de partir. » Les azurs qui se plantent dans un premier regard, puis le deuxième. Et montrer à seulement les deux l’arme qui est cachée sous ta veste. Et les voir déguerpir en s’excusant auprès de la brune en à peine quelque secondes. Tu te tournes vers Vega, attrape son carnet et la regarde, dans les yeux. « Il manque quelque chose ? » Ne plus parler de ce qu’il vient se passer, pour ne pas attiser le feu. Tu sais ce qui t’attend au soir : quelqu’un prendra pour cette violence contenue. Tu le sais. On en est sûr.
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(#) Dim 20 Déc - 14:00:48
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Le palpitant s’emballait dans la poitrine, parce que les images d’une enfance passée dans un orphelinat, revenaient à la surface. L’humiliation des autres enfants, se moquant du mutisme étrange de Vega, qui ne parlait à personne, se réfugiant dans un coin. Tremblante, traumatisée, espérant qu’en fermant les paupières, elle disparaîtrait. En vain. Elle avait subi des choses que personne ne méritaient de vivre et pourtant, Vega, elle subissait depuis toujours. Depuis ce jour où la famille avait été décimée lors d’un règlement de compte. La gamine, heureuse de rentrer de l’école, se confrontant à ces corps glacés, sous l’astre incandescent. Une existence injuste, tatouée du logo de la faucheuse, comme quoi son tour viendrait bientôt, qu’elle ne serait jamais heureuse. Se perdant dans les méandres d’une folie. À l’image de ce revirement de situation, son corps bousculant un autre et l’incapacité de s’excuser, elle en payait les frais. Bousculée comme une vulgaire chose sur ce comptoir, écorchant son coude, elle sentait une montée d’angoisse, remontant, le long de ses tripes jusqu’à ses pensées. Désormais, obnubilées par l’envie de passer l’anxiété en se taillant les veines, de se faire souffrir et frôler l’évanouissement, comme la plus douce des extases. Tenir le souffle d’une poigne ferme, se laisser succomber, jusqu’à atteindre la lumière des anges. La porte du paradis immaculée, que certains disaient. Alors qu’elle perdait pied, Stormy, il lui venait en aide et elle basculait, les mains appuyées sur le comptoir, à reprendre son souffle. À bout de souffle. De tout. La tignasse camouflait le visage et son expression chamboulée, qui affichait bien plus que la peur, la terreur. Un tas d’images défilaient dans ses prunelles, fermant les paupières violemment, jusqu’à percevoir des couleurs, dans l’espoir que tout passe. Que les gestes de ces étudiants, déguerpissant face à Stormy, ne valaient rien. Que tout était passé, que cela ne se reproduirait plus. Mais, rien à faire : Vega, elle sombrait, ne parvenait plus trop à respirer calmement, tremblant de tout son être, alors que des gouttes de sang ruisselaient le long de son coude, jonchant son bras, jusqu’à sa main, désormais parcourue de quelques perles carmin. La douleur devenue secondaire face à cette tension nouant ses entrailles, pétrissant sa respiration d’une poigne ferme. Plonger, un peu plus, dans la noirceur sommeillant en elle : l’attrait pour la mutilation plus fort que tout, depuis quelques années. Envoyant valser la bonne entente, la raison. Bercée de songes cramoisi.
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(#) Dim 20 Déc - 23:44:09
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L’injustice : ce genre de fléau humain que tu peines à supporter, tant cela te donne juste une bonne raison d’exprimer la violence qui est en toi. Alors au final, était-ce vraiment un mal ? Pour toi, certainement pas. Pour les autres, la question ne se posait pas. Tu aurais vu n’importe qui se faire bousculer, probablement que tu n’aurais pas réagi, préférant passer ton chemin vu ton état physique : même si l’envie de sang se bousculer à l’intérieur (on le voit, ne le nie pas), tu n’es pas à même de te battre pour le moment. Les blessures sont nombreuses, violentes, et encore douloureuses : et tu as beau ne pas être si fragile, on sait qu’il faut du temps au corps pour être en accord avec ta tête. Autant dire qu’il te faudra plus que quelques jours avant de pouvoir marcher correctement et ne plus souffrir du moindre mouvement. Tu t’es approché, boitant légèrement, mais assez déterminé pour leur faire peur. Quelques mots plus tard, et il ne restait que vos maux à vous. Quand tu as attrapé le carnet de la brune de ses mains, tu t’es rendu compte que quelque chose n’allait pas : elle ne répondait plus. Elle n’était pas avec toi, bien loin d’imaginer ce qui se passait à l’intérieur. Tu n’arrivais pas à comprendre le moindre ressentiment un peu humain : alors une crise d’angoisse ? Tu as froncé les sourcils. Regarder le carnet. Puis la brune. Puis de nouveau le carnet. Et t’es resté un peu bloquer : fallait-il prendre le temps de l’acheter puis de la sortir ? Tout se passe très vite à vrai dire : tu arraches le code barre de l’article, sort un billet sans doute trop gros pour ce simple objet. Et tu balances le tout à la caissière. Tu attrapes la brune dans tes bras, comme une pseudo princesse, posant le bloc sur elle. Et tu sors sans jeter un seul œil autour de toi. Ignorant les paroles autour de toi. Et même si ça fait mal, putain, de la porter, tu veux juste partir. N’plus voir personne. Retourner au cimetière. C’était une putain de connerie que de venir ici. Mais sur le chemin, t’as pas pu t’empêcher de t’appuyer sur le mur. Essoufflé, t’as vu flou. Si flou que ta force t’a lâché et que la brune est tombée en même temps que toi. A quatre pattes dans cette ruelle de Brooklyn, tu peines à retrouver ton souffle.

Comme un chien qu’on aurait renverser et qui chercherait à retourner chez lui pour mourir.
Au cimetière, pour la dernière.

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(#) Lun 21 Déc - 12:06:32
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Sortir de ses habitudes, quitter le train-train quotidien et se retrouver confuse, perdue face à cet univers, gravitant autour d’elle. Lorsque le monde semblait s’être arrêté de tourner à ses yeux, elle n’avait pas réalisé que la perte de ses amours ne changeait en rien la donne. Qu’elle était l’unique impactée, s’isolant, pour que l’on ne voit jamais son chagrin, en dépit des traits marqués, imprégnés de tristesse. De nostalgie. Tourmentée par de trop nombreux traumatismes, fissurant son corps à chaque respiration. La voilà brusquée, déboussolée, la jolie, les paumes pressées sur ce satané comptoir. Elle peinait à redescendre, parce que les souvenirs se percutaient, qu’elle avait du mal à respirer, à refoutre les pieds sur terre. Résistant à l’envie de se taillader les veines, de se faire souffrir, jusqu’à perdre connaissance. Se tuer à petit feu ne suffirait pas à étouffer la culpabilité qui l’habitait. Et, Stormy, encore une fois, il la sortait de sa torpeur, l’attrapant à la volée, légère comme une plume et ils s’échappaient, s’en allant de cette putain de vie. De ce monde qui ne leur convenait pas. Trop injuste, (im)pitoyable, bruyant. Elle en avait mal au crâne, Vega, mais ne comprenait pas encore ce qu’il faisait. Ce qui se passait. Spectatrice au premier rang de son existence. Les enveloppes éclatées au sol, à quelques pas du cimetière. Assise sur le trottoir, les paumes abîmées par la chute et les prunelles papillonnaient, se posaient sur le brun, souffrant douloureusement. Et Vega, elle amenait une main tremblante, sanguinolente, sur son épaule. La présence réconfortante, la douceur d’une jeune femme, brisée par la vie. Donnant ce qu’elle pouvait. Attendant qu’il la regarde, pour écrire d’une main, sur le carnet, ouvert dans la foulée : laisse-moi te soigner. Le temps qu’il lise, qu’il accepte son aide, face à celle qui avait le palpitant serré suite à cette terrible vision. C’était qu’elle venait de trouver sa moitié complémentaire, Vega : le reflet dans le miroir, cette émanation aussi bousillée que la sienne. Des fêlures se faisant écho, si l’on tendait l’oreille, à travers la nuit silencieuse. Se frayant un chemin au milieu des chimères et cette paume, salvatrice, apposée sur l’épaule du défunt. Pourvu qu’il s’y accroche, qu’il saisisse cette main. S'il te plaît, ajouté, de sa main saignant, écorchée par la chute, sur ce papier immaculé.
(c) TORTIPOUSS.


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