AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  Les personnagesLes personnages  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  
mon bloc note
the end
La grande pomme ne dort jamais. Alors que tous pensaient que le calme reviendrait sur la ville et que les gens se préparent au festival à venir, c'est une série vols qui font progressivement la une des journaux locaux. Nul n'a encore réussi a appréhender les auteurs de ces délits ou définir leurs cibles de prédilection. Faites bien attention à vous.
(c) Disjointed Societies 2021
Le Deal du moment :
Manette Xbox Séries X avec adaptateur sans-fil ...
Voir le deal
52.99 €


Anonymous
Invité






01
ingame
02 zone libre
03
hors-jeu
Invité ✧
(#) Jeu 10 Déc - 23:14:10

torrent de souvenirs
torrent de souvenirs (vegy) F58ptorrent de souvenirs (vegy) H9eh

La vie continue Ava, tu sais. Loin de moi l’idée de te faire culpabiliser, mais ton absence est difficile, dans les rues de New-York, à supporter un trou béant à la poitrine. Transplantation cardiaque demandée, j’ai du mal à me dire que t’es plus là. Je n’ai pas eu le courage de retourner chez nous : tout me rappelle-toi, me ramène à toi. Les rues sombres, le sommet de ce cloché, le motel, la nuit : tous les Stormy sont gris. Et toi, t’es plus là. Est-ce que tu sais à quel je saigne depuis ton départ ? J’attends ton retour avec impatience.

Assis devant cette magnifique tombe de marbre, tu regardes le vide. Replié sur toi-même, la capuche sur la tête, les bras autour des jambes, on dirait un enfant qui attend qu’on vienne le récupérer depuis une éternité. Sur la tombe, toujours les mêmes maux : Ava Halcomb, suivie d’impact de balles sur ton nom de famille, désormais vivant juste dans ta tête, et dans cette bague que tu avais prévu de lui offrir. Cette comptine, chantante et chantonnant, des deux jumelles. Tu as changé les fleurs, nettoyer un peu le marbre. Et maintenant, tu attends, vainement, que la terre cesse de tourner pour la retrouver.

D’où tu es, tu peux le voir ? Ce manteau blanc qui s’immisce dans les rues de la Grosse Pomme autant que dans mon cœur ? Tu me manques. Parfois, j’ai du mal à juste respirer. Je me sens perdu sans toi : comme si, finalement, t’étais la seule et unique raison de mon existence jusqu’à maintenant. Est-ce que c’est ça, les sentiments ? Je t’aime. Mon serpent. Ma chimère. La lune de mon univers.

Moses.

Anonymous
Invité






01
ingame
02 zone libre
03
hors-jeu
Invité ✧
(#) Jeu 10 Déc - 23:39:46
❝ torrent de souvenirs. ❞
-- (vegy 1).


Le même poids. Constant. Compressant poitrine et cœur. Écrasant les fêlures, les élargissant par la même occasion. Des plaies constantes, rien pour les apaiser. Pas même la douceur d’un regard se posant sur son minois. Vega, elle avait les yeux humides, en permanence, si bien que le blanc prenait peu à peu une teinte carmin. Les marques du chagrin, d’un peu plus de mort dans l’âme. Une vie errante, égarée sur le bord d’une route interminable. Et ce satané cœur qui n’en pouvait plus de souffrir. D’être compressé d’une main fantasque, bercée de délires illusoires. Face au miroir de ses peines. Vega, elle noyait ses phalanges dans sa tignasse ébène, l’ébouriffait de peu pour lui donner du volume. C’est qu’elle tentait de se rendre jolie pour le voir. L’être envolé. Étouffé pour lui permettre de ne plus souffrir. À mettre une tenue agréable, à se pimper pour être présentable, se persuadant qu’il pouvait la voir là-haut. Puis, à tout défaire. Se sentant ridicule à frôler le grotesque. Le doute jamais loin, toujours présent. Et ce foutu carnet fourré dans la poche du manteau. Similaire à celui immaculé, recouvrant la ville de New York en cette période de fêtes de fin d’année. Vega, elle portait le noir deuil. Le corps crevé. Maigre force d’avancer quand ils n’étaient plus là. Les bijoux de sa vie. Ceux ayant animé sa vie de joie avec le temps. Effaçant les souvenirs sanguinolents d’autrefois, mais tout revenait. Constamment. Les chimères ondulaient, prenaient un peu plus vie entre tombes et catacombes. Au sein des pierres mortuaires et des croix tortionnaires. Les mêmes allées arpentées, laissant derrière elle les traces de ses semelles. Des marques éphémères de passage. Se joignant à celles plus grandes, qu’elle reconnaissait désormais. Cet inconnu à la peau noircie par l’encre. La carrure affaissée sur cette tombe. Fraîche. Parce qu’elle avait vu l’enterrement, Vega, assise auprès de ses amours, face à la foule endeuillée. Compagnons de cimetière, qu’elle aimait se dire, bien qu’aucun échange ne voyait le jour. Rester des heures immobiles, à tout nettoyer, à attendre et se reposer. Au quotidien. Enfin repartir lorsque le gardien condamnait le lieu sacré pour la nuit. Vega, elle avait le minois baissé, la tête camouflée sous cette capuche. Immobile comme à son habitude, les phalanges enfouies. Dégainées pour balayer la neige, si froide qu’elle s’en brûlait les phalanges. Luna, aux mirettes voilées. Gorge serrée. À l’agonie en s’asseyant, essuyant d’un revers de manche le rideau de larmes. Crever au plus vite, par pitié. Et Vega, ses mains s’activaient dans son sac, dégainant un thermos. Cinq tasses, toutes remplies de café dont deux tendues vers l’homme. Premier échange visuel pour ces partenaires funèbres et un mot, noté sur ce bloque-note utilisé pour communiquer. À partager, que la poupée écrivait, sans un sourire. Juste.. Le reflet de son âme défoncée au travers de ses yeux noisette. Bercée par les flocons de neige. La brise hivernale.
(c) TORTIPOUSS.


Anonymous
Invité






01
ingame
02 zone libre
03
hors-jeu
Invité ✧
(#) Ven 11 Déc - 0:12:57

torrent de souvenirs
torrent de souvenirs (vegy) F58ptorrent de souvenirs (vegy) H9eh

Est-ce que ça partira un jour ? Cette impression de crever quand on se lève le matin ; à trainer sa carcasse toute la journée, en essayant de faire quelque chose de son existence ; se donner à la nuit, incapable de trouver un instant de répit pour l’âme ; et voguer au rythme même de la peine. Est-ce que ça patira un jour ? Dis Ava, est-ce que j’partirais bientôt moi aussi ? C’est long, en bas, les hivers sont sans fins, et nos jours d’été me manque. Comme si le soleil n’appréciait plus tellement ma compagnie, la mer se dessèche à mesure que les jours passent sans que tu ne l’animes. Tempête égarée au milieu d’un tourment impossible à désigner, impossible à voiler. « Vogue à vue. » Que je t’entends me murmurer. Mais si t’es pas là, comment j’vais trouver le Nord ? Ma boussole est cassée, cachée au fond d’ton tombeau.

Le silence perçant les os froids, saillants d’ta carcasse qui peine à avoir un semblant de vie. Stormy, il ne se passe pas un jour sans que tu ne viennes ici : le plus souvent, la nuit. Pour te retrouver seul avec elle : juste toi, ce marbre qui ne parle pas et le torrent des souvenirs. Et ça pique toujours autant, peut-être même un peu plus : les questions sans réponses ; le Yin sans le Yang ; ta vie qui se confronte à sa mort. Et Storm, la neige n’semble pas te voir, quand elle s’abat sur ton dos. Tu attends, éternellement, patiemment, un mot. Un son. Une voix. Un souvenir, plus vivant qu’un autre. Te rappelant c’que vous étiez. C’que vous n’serez plus jamais. La mâchoire se serre, la mer menace tes pupilles : liquide salée que tu rechignes à faire couler. Quelques pas à tes côtés, qu’tu reconnais maintenant, tant vos deux êtres sont reliés à ce lieux. Pas de mots, pleins de maux. Et toujours dans un respect mutuel consentis, inconscient. Puis, aujourd’hui, il a des tasses de café. 5. 3 pour elle, 2 pour vous. A partager qu’elle a écrit. Et ça t’fait un peu plus mal de voir que tu seras seule à le boire. Et ça t’fait doucement sourire. « Ava détestait l’odeur du café. » Ta voix brise le silence finalement, dans un son qui te paraît presque étranger : t'es l'étranger. Le sourire s’efface. Et finalement, le mutisme reprend ses droits.

Tu crois qu’on s’reverra Ava ? Dis, tu penses que même après on s’aimera ?

Moses.

Anonymous
Invité






01
ingame
02 zone libre
03
hors-jeu
Invité ✧
(#) Ven 11 Déc - 9:04:15
❝ torrent de souvenirs. ❞
-- (vegy 1).


Les phalanges glissaient sur les tombes, permettaient aux écritures de souffler un peu mieux. La tristesse laissait place au soulagement, Vega. C’est qu’elle respirait davantage entre les grilles de ce cimetière. Passer des heures sans bouger, inanimée. Donnant l’impression d’attendre qu’ils reviennent à elle : reporter ce bandeau dans lequel son enfant était transporté, une main affectueuse sur son crâne. Son autre paume refermée autour de celle de l’amour, à évoluer dans les ruelles de New York. Plus rien ne comptait : seulement eux, ce trio des plus vivifiants pour la jeune Vega. Une existence parsemée de perles carmins, d’infâme cruor, ruisselant sur la gueule candide, sur les phalanges séchées, croûtées de sable. Des frasques bouleversantes, humidifiant ses prunelles en les baissant sur ces refuges aux âmes envolées. Un cœur meurtri, bafoué de mille et unes souffrances. Peu épargnée, comme si l’existence s’était vêtue d’un sceau de mort, dès qu’une risette étirait les lippes charnues. Alors, elle ne souriait plus trop, Vega, craignant que les êtres aimés s’en aillent à leur tour. Se retrouvant sans ami(e)s ni amant pour combler le vide, creusé à l’aide de ses ongles sanguinolents. Vega, elle souffrait, à chaque fois que ses prunelles s’ouvraient sur ce monde si complexe. Se demandant, dès lorsque les yeux se fermaient, s’ils lui permettraient d’éveiller un peu plus ses sens, chaque jour. Tout était rendu douloureux et difficile lorsque chaque recoin, chaque pensée étaient peuplés par des souvenirs. Par les silhouettes à peine opaques des personnes adulées. Vega : elle soupirait même, appuyant ses doigts sur ses yeux, dans l’espoir de cesser les larmes, d’arrêter de souffrir. Être amorphe, ne plus rien ressentir. Pas même les coups. Rien, que dalle. Et les yeux glissaient sur les veines en relief, parsemées de cicatrices, de reliefs si délicats, qu’un effleurement la faisait frémir. Désagréablement. Les lames aiguisées, scintillantes sous l’astre incandescent, glissaient bien trop facilement sur les traits bleutés de la vie. Vivant au fil de cette adrénaline : se laisser aller, se faire du bien en se faisant du mal. Se punir d’être encore en vie, lorsque d’autres crevaient sous son regard impuissant. Parfois, le palpitant était secoué par ces visions sanglantes, de ce souffle coupé, pour lui permettre de s’en aller plus rapidement. Arrêter de souffrir alors que tout le corps était réduit en bouilli. Vega, elle en avait bien trop vu. C’en était presque trop pour une seule personne, mais voilà qu’elle s’accrochait. Elle montrait le meilleur d’elle-même, se vouait à son métier et à ces tombes, qui ne changeraient que lorsque son enveloppe s’éteindrait dans une mare de sang : une taillade trop profonde, ce serait la fin de ce périple sinueux. Hargneux. Les doigts entourés autour de ce Thermos de café, dont l’odeur titillait ses narines. Des tasses, bien trop, remplies. Deux tendues et la voix grave s’élevait dans les cieux. Durant un instant, Vega, elle l’avait cru comme elle. Muet. Incapable de parler, de s’exprimer. Alors, peut-être que l’ombre d’une risette étirait ses lippes. Une nouvelle feuille dégainée, sur laquelle son écriture noire égayait le papier froissé. Que déteste-t-elle ? Qu’elle demandait en lui montrant le carnet. Incapable de s’en sortir sans ce feutre et ce papier, lorsque peu de personnes maîtrisaient le langage des signes. Communiquer, un peu, pour passer le temps. Rendre les minutes moins douloureuses, avec sa tignasse, couverte de flocons de neige. Le visage humide. L’attente de combler le vide.
(c) TORTIPOUSS.


Anonymous
Invité






01
ingame
02 zone libre
03
hors-jeu
Invité ✧
(#) Ven 11 Déc - 19:55:44

torrent de souvenirs
torrent de souvenirs (vegy) F58ptorrent de souvenirs (vegy) H9eh

Est-ce que la neige dans le cœur s’atténue avec le temps ? Et les flammes d’un amour transcendant, est-ce qu’elles reviendront l’espace d’un instant ? Tu vois, je n’y avais jamais pensé. A quoi ? A la vie sans toi. Que deviendraient les matins dont toi seul avait le secret ? Légèreté dans tes yeux, divinité dans tes courbes. Qu’est-ce qu’on serait nous, si t’avais pas été là ? J’me sens pas si bien que ça. Comment peut-on toucher du bout des doigts l’paradis d’un enfer vivant, et terminer au paradis sans l’enfer d’avant ? Aucun sens. Aucune légitimité à vivre ici-bas. Alors dis-moi Ava, est-ce que ça reviendra ?

Le regard sur les tasses fumantes, l’esprit ailleurs : tu commémores l’amour perdu. Avec en guise d’invité, l’fardeau qui te poursuit depuis toujours : toi. Tu n’respires plus, suspendu à un temps désormais perdu. L’âme blessée, voguant sur une mer étrangère : mayde, mayde. Marin a perdu sa boussole. Puisse-t-on s’en sortir sans chavirer ? La voix s’élève dans les airs : si rauque qu’elle nous surprend. Les heures passées à n’plus parler, n’plus écouter autre chose que ce silence. Et n’plus avoir de dialogue, nulle part, avec personne. Parce que tu n’veux pas salir la mémoire, le lieu de culte. Parce que passer les portes de ce cimetière, tu n’étais plus qu’un amant déploré, avide de retrouver l’âme-sœur. Mais ces tasses … Elles t’ont foutu le bourdon. Si bien que tu resserres un peu tes bras autour de tes jambes, la boule à la gorge : menace en approche. Tsunami à quelques centimètres. Tu espères vainement qu’elle n’dira rien de plus. Pour peu qu’tu puisses entendre sa voix : cette compagnie pas voulue, pas désirée. Et pourtant bien présente. Elle griffonne les mots, pour n’pas sortir les maux qu’tu t’dis un instant. Tu jettes un coup d’œil à c’qu’elle demande, sans jamais croiser son regard à elle. En balayant un peu autour, tu remarques les noms, les dates. Et tu l’sais, qu’elle mieux que quiconque, comprend c’qui vous lie et relie à ces objets vide de sens pour la plupart des êtres. Tu reposes ton regard sur le marbre d’Ava, immaculé, à l’affut de quelques flocons qui se déposent avant de fondre dans l’instant T. Tu inspires. Tu t’demandes si ça vaut la peine de répondre. Mais tu les sens, les larmes qui menacent de faire échouer l’bateau. La vague un peu trop puissante, d’une émotion qu’tu veux juste refouler. Alors tu gardes le silence. Juste … Le silence.

Moses.

Anonymous
Invité






01
ingame
02 zone libre
03
hors-jeu
Invité ✧
(#) Ven 11 Déc - 22:25:08
❝ torrent de souvenirs. ❞
-- (vegy 1).


Vega, elle finissait par baisser les yeux. Se confronter à sa médiocrité, au malaise qu’elle instaurait sans le vouloir. Et son cœur se serrait, parce qu’elle ne voulait pas le blesser, cet inconnu. Que c’était loin de ses projets. Elle s’en voulait, Vega, de faire naître des perles à ses yeux, d’être responsable de ce chagrin qu’elle voulait apaiser, en évoquant quelques souvenirs. Mais, l’idée ne valait pas la peine. Vouloir remonter un moral, faire tout le contraire. Remettre sur le tapis un malheur déjà évident : c’est qu’elle fondrait également en larmes, si l’on osait lui poser des questions sur ses amours. Une plaie encore trop fraîche, des souvenirs qui flinguaient les idées, qui peinaient à sortir de l’eau. Constamment immergée, submergée, par des flots et des flots d’émotions, si bien qu’elle ne parvenait pas à voir le soleil. S’en protégeait lorsque celui-ci apparaissait. Et les bras, rendus tremblants, par le mal-être causé, elle se recroquevillait sur elle-même, Vega. Enfouissait sa frimousse dans ses jambes, laissant s’échouer le carnet à même le sol. Le feutre roulant jusqu’aux pieds de l’homme. Le papier prenait l’eau, l’encre coulait et son moyen d’expression était réduit au néant, en une fraction de seconde. Elle était si désolée, Vega, qu’elle préférait se renfermer plutôt que d’aggraver son cas. De faire plus de dégâts alors que le palpitant était déjà comprimé dans la poitrine. Serrant si fort qu’elle peinait à respirer. Vega, elle s’en voulait facilement, capable de se tailler les veines pour peu : un débordement, une situation stressante, un souvenir et la lame trônerait, impériale, dans les lignes de vie. Un bain de sang, dans lequel elle prendrait ses aises, se sentirait partir au fil des perles coulant le long de son derme. Reniflement et les phalanges tremblantes essuyaient ses prunelles, relevant de peu la gueule pour attraper une tasse encore tiède de café. Boire ce liquide sombre, repenser à son amour en train de faire pareil. Et les tasses qui ne se videraient jamais, qu’elle reversait dans le Thermos, les joues rendues humides par la situation qui lui échappait. Perdre pied, Vega, si facile lorsque l’on savait l’inexistence de sa confiance en elle. Complexée, à se cacher derrière des tissus larges et sombres, ne jamais laisser quelqu’un la prendre en photo, refuser que l’on pose un doigt sur elle. Plus personne n’occuperait cette place, elle n’aurait plus le droit au bonheur et elle ne pouvait que compatir, ressentir ce qu’il ressentait, Stormy. L’impression qu’il ne guérirait jamais, qu’il ne pouvait plus vivre : il s’agissait surtout de faire avec, de résister à l’idée de rejoindre les êtres aimés. La culpabilité l’accablait, du genre à se faire à la guerre, à feu et à sang pour tout et rien, Vega, les mains rendues tremblantes. Tellement désolée.
(c) TORTIPOUSS.


Anonymous
Invité






01
ingame
02 zone libre
03
hors-jeu
Invité ✧
(#) Ven 11 Déc - 23:34:58

torrent de souvenirs
torrent de souvenirs (vegy) F58ptorrent de souvenirs (vegy) H9eh

T’as pas remarqué tout de suite, le tourment dans lequel elle s’est retrouvée à la suite de ton silence : perdue dans tes pensées, à parler à l’être aimée de toutes ses forces, tu n’as pas tout de suite vu la détresse, ressenti l’amertume et la culpabilité d’être allé trop loin dans l’intimité. Instant volé. En tête à tête avec cet objet, t’as pas remarqué la mer déchainée à tes côtés. Quand tu as eu assez de courage pour dévier le regard, t’as vu le feutre à tes pieds, le papier froissé par la pluie. Ou le silence. T’as alors attrapé les deux objets, pour les mettre à l’abri, sous tes jambes. Sauver les apparences, réparer les pots cassés. Parce qu’une peine, c’est déjà assez difficile à avoir : pourquoi devoir l’affronter seul ? T’es pas seul, regarde. Y a pas que toi qui ressent ce vide, cette oppression, cette douleur dans l’bide, qui arrache les tripes et l’cœur sur son passage. Y a pas qu’toi que les sentiments retournent, qu’les ressentiments rendent fous. Non, t’es pas seul. L’odeur du café te titille le nez. Tu jettes un œil secret à l’acolyte du désespoir. Elle boit cette tasse. Et tu vois à travers ses yeux tout l’mal que la vie lui a faite. Tu vois, qu’t’es finalement pas seul avec ce fardeau sur l’cœur. Tu écartes un peu les jambes. Attrape le feutre, que tu débouches. Et de ton écriture maladroite, griffonne c’qui pourrait s’apparenter à des souvenirs. Pour faire revivre un peu d’elle, à travers vous. Marre de la solitude des sentiments, partir à la chasse, reconquête d’un instant présent. Tu rebouches le feutre, glisse le bloc et les écritures vers la brune : les gens, parler, s’attacher. Suivi peu après d’un : et qu’est-ce qu’ils aimaient, toi ? Attrape finalement une tasse de café. Pour se sentir moins seul. Tes azurs ne bougent pas du Prénom de l’âme-sœur, l’amour charnel, impossible désormais.

J’sais que t’aurais pas aimé ça. T’aurais probablement crié, voulu la tuer pour avoir osé esquisser le moindre geste vers moi. Et t’aurais sûrement pas supporter d’me voir dans cet état non plus. Alors qu’est-ce que je suis censé faire moi, Ava ? Vivre avec cette peine, jusqu’à n’plus pouvoir respirer. Jusqu’à n’plus pouvoir marcher : sauter du haut du cloché pour espérer t’revoir. Tu l’sais, pas vrai ? Que c’est ce que j’aimerais dans l’fond. Avoir une tombe, s’réunir pour l’éternité. Pour une vie après la mort. Finir dans cet enfer qu’on aimait se construire. Vivre ensemble. Avec cet enfant dont on a parlé. Dont l’sang semble encore se répendre. Dis, est-ce que tu l’sais Ava ? Que c’est toi.

Moses.

Anonymous
Invité






01
ingame
02 zone libre
03
hors-jeu
Invité ✧
(#) Sam 12 Déc - 0:09:50
❝ torrent de souvenirs. ❞
-- (vegy 1).


Vega : l’océan débordait sur ses pommettes brûlées par le froid. Ce teint cannelle défoncé à coups de flocons fondus. Ces étincelles humides s’éteignaient dès lorsque la peau les accueillait. À la manière d’une étreinte. Fondre, mourir aussitôt : une vie si brève, qu’elle désirait posséder la même, Vega. Exister quelques secondes, ne jamais souffrir. Un souffle et les paupières se fermaient, à jamais sur ce monde trop complexe à ses yeux. À peine née qu’un malheur lui tombait dessus. À peine vivante que l’on tentait déjà de la crever, cette gamine étrangement silencieuse. L’adulte complexée, qui se cachait. Qui ressentait tout beaucoup trop violemment, intensément. Une âme déformée, qu’elle pensait : ne ressentant pas les mêmes choses que les autres. Tout était de trop. Depuis le commencement. Et elle n’en pouvait plus, Vega, d’être elle, de vivre dans le passé, de ne pas supporter le présent. De se tuer à petit feu. D’admirer son sang alors que ceux des autres renversaient son cœur. De se mutiler à n’en plus pouvoir. S’abîmer pour se punir, que d’être restée et pas eux. Difficile de résister lorsque tout devenait fade. Tout semblait peine perdue. Deuil impossible à faire : une vie sans eux ne valait pas la peine d’être vécue. Ainsi, les larmes s’intensifiaient, serrant ses gambettes congelées entre ses bras tremblants. Trop fragile, Vega, une porcelaine brisée d’un revers de bras. Terrible sentiment de culpabilité, couplé à ce refus, qui accentuait ce mal-être. L’impression d’être insistante, de trop. Ne plus savoir comment se comporter avec l’autre, au reflet similaire. Miroir défoncé, pas vrai ? Pas même le liquide brun suffisait à l’apaiser, les larmes salant la boisson odorante. Brûlant ses phalanges gantées. Ce fut le bruit du papier qui la sortait de sa torpeur, affichant une expression interloquée, avant de tendre les doigts fébriles jusqu’au carnet. L’accueillir entre ses mains, esquisser une risette émotive. Comblée. Soulagée. Un regard noisette redressé pour capturer les orbes céruléens. L’air de le remercier. Alors, les quelques mots venaient égayer la suite : mes grains de beauté, ma ratatouille, mes étreintes. Les paupières se fermaient ensuite, l’extrémité du bouchon collé sur son front. Repenser à son bébé, collé contre sa poitrine. Mon lait, qu’elle ajoutait, d’un air brisé. Ailleurs, Vega, songeant à sa vie de maman idéalisée, jusqu’à ce que le bébé soit écrasé par le bolide. Mort d’un coup sec. Et elle ? Le carnet fut de nouveau tendu à Stormy, déposant son menton sur ses genoux enneigés, dans l’attente, Vega aux prunelles étoilées. Parsemées de tristesse.
(c) TORTIPOUSS.


Anonymous
Invité






01
ingame
02 zone libre
03
hors-jeu
Invité ✧
(#) Sam 12 Déc - 0:31:17

torrent de souvenirs
torrent de souvenirs (vegy) F58ptorrent de souvenirs (vegy) H9eh

Et de nouveau le silence, d’une conversation passée en mode muet. La neige d’un mois de Décembre trop irréaliste : et se rendre compte qu’on ne sait pas si elle aurait aimé cette atmosphère, tendue entre un Noël trop lumineux, et une mort trop imminente. Doux sacrifice de la vie, pour la mort. Boire une gorgée, reposer la tasse. Regarder devant soi. N’jamais baisser vraiment la garde, parce qu’elle reste là : et tu peux toujours aller la rejoindre. A n’importe quel moment. Mais n’être pas sûr que ça soit le bon choix, que ce soit son choix à elle. Elle l’a écrit, dans cette lettre, adressé à la personne pour qui elle aurait donné son âme au diable, pour peu qu’vous ne soyez pas maitres des enfers. Aux portes du paradis. La solitude n’a de nom que s’il y a des gens pour la ressentir : sommes-nous les seuls, alors ? Le bruit de l’encre contre la feuille vient égayer cette journée aussi maussade que les autres. Et tu reprends la tasse, trempe de nouveau tes lèvres et laisse le liquide se frayer l’passage qu’il faut à travers les organes. Pour réchauffer au moins le corps : l’esprit étant bien trop froid pour espérer quoi que ce soit. S’il suffisait simplement de le réchauffer, tout serait plus simple ; mais un mouvement, et il explose. Voilà toute la complexité d’un deuil. Le papier se tend de nouveau vers toi. Juste le temps de reposer cet objet et te voilà dans la lecture de ses maux. Tu peux difficilement imaginer les choses aimées dans le passé : car l’odeur d’un plat maison, tu n’connais pas. Les grains de beauté, elle n’en avait pas. Le lait maternel, tu n’en as jamais eu. Mais les étreintes… Repenser à ces enveloppes charnelles, à son corps contre le tient, pour te redonner vie. Tu fermes les yeux, une larme t’échappe. Et finalement, le torrent menace de plus en plus le barrage : marin a une terre en vue, mais ne parvient à l’atteindre. Puisse-t-on l’aider, ne serait-ce qu’un instant, à atteindre le rivage ? Tu déglutis, rouvre tes yeux : la vue s’fait floue, la vie moins douce. Et tu attrapes le feutre. Répondre, quelques mots. Répandre, quelques vies. L’amour, la nuit, le soleil. Et probablement. Moi. La mâchoire se serre. La tête se tourne timidement vers l’autre. Et échappe au contact visuel en se rétractant d’un coup. Puis une question : comment ? Avant de basculer de nouveau l’objet vers la veuve. Tu n’sais pas comment, ça réussit à calmer un peu l’flot des maux. Apaisante idée que de la faire revivre à travers les souvenirs, à travers ta vie(sion).

Tu me manques. Réellement.

Moses.

Anonymous
Invité






01
ingame
02 zone libre
03
hors-jeu
Invité ✧
(#) Sam 12 Déc - 0:54:40
❝ torrent de souvenirs. ❞
-- (vegy 1).


Le papier tendu l’aidait, assurément. Une corde tendue pour remonter et non pour s’y pendre, parce qu’elle croyait. Espérait que sa peine soit partagée, qu’on parvienne à la comprendre, au lieu de déposer une caresse sur l’épaule, l’air de dire « ça passera ». L’on ne se remettait jamais d’une perte, surtout lorsque l’on n’avait connu que ça toute une vie. Ce n’était pas seulement eux, mais toute sa famille. Ces cadavres couverts de sables couplés à ceux écrasés, sous un bolide trop lourd. Un accident mortel. Et Vega, elle en était sortie intacte. Valide et vivante. Face aux corps éclatés. Sous cet amas de larmes et de cris silencieux. Anéantie par toutes ces images, elle peinait à écrire, à résumer les goûts de ses proches, enterrés sous ses fesses congelées. L’hésitation palpable qui se lisait, au travers de la légèreté du feutre effleurant le papier. Les doigts à peine serrés autour du tube d’encre, confessant quelques mots sur eux. Des détails physiques appréciés, des étreintes brûlantes et la boisson pour son bébé. Échange à ciel ouvert que d’enfin communiquer avec ce voisin funèbre. Vega, elle lui tendait à nouveau, se penchant un peu pour lire ce qu’il lui offrait. Les prunelles fuyantes, refusant de se poser dans les siennes, ambrées. Incapable de la regarder, la belle. Mais voilà qu’elle reculait brusquement, la fille de la lune. La question, trop brutale. Trop... Tout. Elle en pleurait un peu plus. Mettre par écrit ce qui s’était passé lui était impossible, un crève-cœur, insurmontable. Différent que de le revivre dans sa tête. Ses doigts laissaient le carnet tendre vers le vide, les yeux rivés sur le visage de Stormy. Bouleversée, enragée. Maladresse piquant son cœur, elle serrait un peu la mâchoire, réalisant qu’elle n’était même pas en mesure d’en écrire le récit funèbre. Et le carnet fut saisi, la page couverte d’un « et elle ? » pour lui rendre la pareille. Lui donner le choix d’en parler ou pas, de se soulager ou de s’enfoncer, qu’importe la décision. Elle, elle en était tout bonnement incapable. Pas maintenant, pas dans ces circonstances, trop tôt... L’esprit malmené par des visions d’horreurs, jusqu’à clore les paupières, retirant ses doigts lorsque ceux-ci effleuraient ceux de Stormy. Vega, elle craquait. La gueule en larmes sous ciel de perles.
(c) TORTIPOUSS.


Contenu sponsorisé






01
ingame
02 zone libre
03
hors-jeu
✧
(#)



Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum